Tel est le synopsis improbable du dernier film de Michel Gondry, auteur entre autres d'Eternal Sunshine of the Spotless Mind et La Science des Rêves. Toujours en marge avec le cinéma de son époque, Gondry nous livre ici ce qui pourrait se révéler être son tout meilleur métrage. Un film-somme, dans lequel le cinéaste nous fait revisiter ses films de chevet. Cette mise en abîme n'est pas sans rappeler certaines oeuvres de Fellini ou de De Palma, jouant à loisir avec les codes du cinéma pour mieux les transcender. On sourit facilement devant les reprises « suédées » - comprenez « avec les moyens du bord » – des oeuvres, souvent pathétiques, mais pourtant diablement ingénieuses. On perçoit ainsi tout le bricolage de la « contrefaçon cinématographique », semblable à ces quelques productions italiennes, qui copiaient sans scrupules leurs homologues hollywoodiens, avec un budget cent fois moindre. Alors que nos compères trouvent dans leurs remakes une clientèle de plus en plus affluente, les majors hollywoodiennes s’en mèlent, et pointent dans leurs procédés un « piratage » éhonté. On devine facilement la dualité entre Hollywood et le cinéma indépendant, personnifié de même avec le support (la VHS d’un vidéoclub miteux, face au DVD d’un voisin flambant neuf).
Emportée par la star montante Jack Black, cette comédie, à l’heure de la génération youtube, est un hommage appuyé aux artisans du cinéma, à mille lieues des infographistes d’aujourd’hui. Le cinéaste nous offre sa vision du cinéma comme une oeuvre communautaire, où tout le monde met la main à la pâte.
On pense par moment aux films Z de la Troma, oeuvres participatives vivant de leurs fans.
La magie fonctionne, et l’on sort du cinéma sous le charme de ces trucages d’enfants. Il y a du Méliès chez Gondry.



